2013年10月10日星期四

Tati se relance en offrant plus que du prix


L'enseigne s'est réinventée sans se renier. Fini la foire aux lots, place à une offre textile et déco sans cesse renouvelée et bien présentée.

Le nouveau magasin du centre commercial BelleEpine de Thiais, en région parisienne.  Photo DR

Le vichy rose du logo a disparu, mais Tati n'a rien cédé sur le fond. Son slogan historique Les plus bas prix reste d'actualité. En ces temps de baisse du pouvoir d'achat, Tati est plus que jamais ferme sur les prix: soutiensgorge et teeshirts a 5euros, baskets pour enfant à 7. Le pionnier du discount textile revendique un positionnement inférieur de 30% à ceux de Kiabi, H M et autres Halles aux vêtements. Mais c'est tout le reste qui a changé. Pour se relancer, l'enseigne s'est mise au goût du jour en s'inspirant de la fast fashion qui a si bien réussi à Zara avec son offre sans cesse renouvelée pour coller à la mode. L'argument prix ne suffit plus aux consommateurs qui veulent aussi les dernières tendances et un cadre valorisant, observe Emmanuel Deroude, le patron de l'enseigne. Passé par Arthur Andersen, ce spécialiste du retournement d'entreprise tire les conséquences de vingt ans de mutation dans l'habillement. La suppression des quotas d'importation chinois et la baisse durable du dollar ont facilité le sourcing à bas coût. Le passage à l'euro a aussi écrasé les écarts de prix et l'échelle de valeurs dans la tête des gens. Résultat: la part du textile a été réduite de moitié dans le budget des ménages, dont les dépenses contraintes n'ont, par ailleurs, cessé de croître. Pour redonner l'envie de pousser la porte des magasins, Tati et son actionnaire (le groupe Eram) ont donc travaillé la dimension plaisir du shopping. Avec succès, puisque l'enseigne redevenue bénéficiaire voit ses ventes augmenter de 10% par an avec un objectif de 400millions d'euros en 2013.

Mettre en scène les produits

Ouvert fin août, le nouveau Tati BelleEpine de Thiais s'étale sur 4.000mètres carrés et deux étages : le double de la superficie des magasins classiques. Un nouveau standard décliné chaque fois que possible (6prévus d'ici à 2014). L'enseigne, qui comptait 23magasins en 2004, en est à 129 aujourd'hui, avec un objectif de 250 à terme dans l'Hexagone. Même dans les formats plus petits, la marchandise est présentéeen corners: mode, accessoires, maquillage, décomaison (un tiers de l'assortiment), avec des arrivages tous les quinze jours pour faire revenir les clients. L'offre (5.000références chaque saison) est coordonnée par un bureau de style interne d'une soixantaine de personnes installées à La Plaine SaintDenis. Avec 3millions de visiteurs uniques par mois et des paniers moyens à 50euros, le site a expédié 5millions de colis l'an dernier. Le site et la page Facebook ont accéléré notre renaissance, relève Emmanuel Deroude, qui constate les effets du boucheàoreille relayé, là aussi, par les réseaux sociaux. A Toulon, l'ouverture de la nouvelle boutique a attiré 10.000visiteurs dès le premier jour robe de cocktail en mousseline de soie!

Renforcer l'offre mariageC'est l'autre point fort de l'enseigne puisque, selon Emmanuel Deroude, une mariée sur cinq en France achète sa tenue chez Tati. Auréolé du succès de l'émission de M 6 Belle toute nue, le mannequin devenu styliste William Carnimolla vient de signer pour une collection capsule de huit robes, made in Paris, allant de 300 à 1.000euros. Egalement prévu d'ici à la fin de l'année, le lancement des alliances Tati Or, une licence exploitée depuis deux ans par le groupe TOM Europe (Histoire d'Or et Marc Orian).

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2013年10月9日星期三

VisPas Hotel Chisinau


For a destination which combines elegance and style in a prosperous city, the VisPas Hotel, Chisinau, Moldova has to be the first choice for business and leisure travellers. This luxury 4 star accommodation boasts a classic atmosphere in a location which is rich with history and culture. The city of Chisinau is located on the river Bîc, and enjoys a fertile landscape blessed with vineyards and orchards, whilst its social vibe includes discos, cocktail bars and restaurants. This charming hotel is ideally placed for the curious guest who likes to explore the local attractions.

The VisPas Hotel has been welcoming guests to Moldova for years and has an established reputation in the field of quality hospitality and customer care. Due to its favourable location, the hotel is a popular choice with VIPs and business visitors, who benefit from the onsite conference and meeting rooms, audiovisual equipment and banquet facilities. Friendly multilingual staff are always on hand to help with your requirements.

Unwind with a few leisurely laps of the pool, before relaxing with a cocktail on the poolside patio. Whether you are here for business or pleasure you'll find the serene ambience compatible with your requirements. At the end of your day, sample authentic Moldovian dishes such as mamaliga, along with some of the finest regional wines. With two outstanding restaurants to experience, you'll be treated to the very best local specialities and international cuisine. Wireless Internet access is complimentary in public areas.

Know before you go

If you require a visa to enter the country, your hotel may be able to help with the supporting documents needed to obtain one. To learn more, you can reach out to the hotel via the contact details included on your booking confirmation. The hotel may charge for this assistance, even if you end up cancelling your reservation. All arrangements are solely between the hotel and yourself. This property offers transfers from the airport (surcharges may apply). Guests must contact the property with arrival details before travel, using the contact information on the booking confirmation robe de cocktail rose.

Checkin: after 2 PM.

Checkout: before noon.

Room Details

VisPas Hotel offers 39 guest rooms with climate control. Rooms open onto balconies. Guests can kick back at the end of a busy day and enjoy televisions with satellite channels and DVD players. Business travelers visiting the Chisinau area will have access to desks and safes.

Bathrooms are outfitted with hair dryers. Refrigerators and minibars are supplied in each room to facilitate basic travel needs. Additional comforts include air conditioning.

2013年10月8日星期二

Le PlayStation Home en d


Dévoilé il y a deux ans par Sony, le PlayStation Home était annoncé comme un outil communautaire révolutionnaire permettant à tous les joueurs de se retrouver dans un monde virtuel pour dialoguer, partager et jouer. Fin 2008, le PlayStation Home pointe enfin le bout de son nez pour le grand public. Avec ce dossier, nous tenterons de vous présenter toutes les fonctionnalités actuelles et futures de ce nouveau service. Bienvenue dans le PlayStation Home !Voilà maintenant plus d'un an qu'une poignée de privilégiés testent le Home. Au fil des mises à jour, le monde virtuel de Sony a profondément changé (modification de l'interface, ) pour devenir ce qu'il est aujourd'hui. Au cours du mois dernier, la version 1.0 du Home a vu le jour et Sony a pu commencer sa procédure d'élargissement de la Beta test. Ainsi, des milliers de joueurs peuvent déjà se retrouver sur le Home et ils seront beaucoup plus à la fin du mois de décembre. Sony souhaite ainsi mettre en avant son nouveau service. Signalons pour information que l'application réserve automatiquement 3 Go d'espace sur le disque dur de votre console. La première étape consiste donc à se créer un personnage. Les possibilités sont plutôt vastes puisque vous pouvez paramétrer le sexe de votre avatar, sa taille, sa corpulence ou encore sa couleur de peau. Vous pouvez ensuite vous concentrer sur son visage en choisissant l'un des modèles existants ou en travaillant manuellement sur plusieurs éléments : nez (taille, forme, ), oreilles, bouche, yeux, front, menton,  Vous pouvez également choisir une coupe de cheveux parmi une vingtaine de modèles et définir la couleur (brun, châtain, blond ou des couleurs plus fantaisistes). Il est également possible de mettre une moustache à votre avatar ou encore de lui donner des sourcils plus ou moins visibles. Si cela ne suffit pas, vous pouvez toujours vieillir votre personnage en accentuant la présence des rides sur le front, les yeux,  Après avoir terminé cette première étape, il est possible de s'attaquer au look de l'avatar. Pour cela, vous pouvez lui choisir un pantalon parmi une sélection (jean, ), un vêtement pour le haut du corps (pull, tshirt, ) ou encore des chaussures. Enfin, vous pouvez compléter votre travail avec différents accessoires : lunettes, bijoux, casquettes, bonnets, chapeaux, L'outil de personnalisation est efficace et simple d'utilisation mais il faut souligner que les items proposés dans la garde Robe demoiselle d'honneur verte sont assez peu nombreux à l'heure actuelle. Cette option permet de créer plusieurs avatars différents et de pouvoir les utiliser à tout moment.

Premiers pas dans votre espace personnel !Vos véritables premiers pas dans le Home ont donc lieu dans votre appartement virtuel : un petit studio avec une magnifique vue sur un port. Nous profitons de cette première visite pour découvrir les commandes de base du service. Vous contrôlez donc votre avatar avec le stick gauche avec une vue à la troisième personne et pouvez diriger librement la caméra avec le stick droit. Si votre personnage marche par défaut, une pression prolongée sur le stick gauche le fait courir rapidement. Notons que lors de la première partie, des messages d'aide s'affichent à l'écran et vous permettent de découvrir simplement une bonne partie des fonctionnalités de l'outil. Après avoir fait le tour de votre studio et visité le sympathique balcon, vous pouvez constater que la déco laisse franchement à désirer. Autrefois, ces menus étaient présentés sous la forme d'une PSP Virtuelle avec le fameux XMB. Visiblement, cela n'a pas convenu puisque la PSP a cédé sa place à un autre appareil ressemblant à une sorte de lecteur multimédia portable. Et il faut reconnaitre que ce changement est plutôt bienvenu. On navigue en effet dans les menus avec plus de facilité. Le premier menu se nomme  Personnel  et offre les options suivantes : Aller à la garde robe demoiselle d'honneur violette Redécorer votre Espace Home (accessible uniquement depuis votre appartement) Mon inventaire (pour accéder à des objets spéciaux) Mon profilAprès avoir sélectionné  Redécorer votre Espace Home , une fenêtre s'affiche à l'écran et vous propose de choisir un type de meubles ou d'objets. Sans rentrer dans les détails, sachez que vous pouvez trouver dans cette section des tables, chaises, lampes, canapés ou encore objets de décoration. Après avoir choisi un élément, il suffit de le déplacer avec le stick gauche dans votre appartement et d'appuyer sur X pour valider. Notons que les touches L1 / R1 et L2 / R2 permettent de faire pivoter l'objet et de le faire monter ou descendre. Enfin, il vous est possible de changer le papier peint de la pièce en choisissant un modèle parmi ceux proposés. Comme pour la personnalisation de l'avatar, la simplicité est de rigueur et on parvient à placer des objets très facilement. Malheureusement, il faut une nouvelle fois reconnaitre que les objets sont encore trop peu nombreux (du moins, dans l'état actuel de la Beta). Il est maintenant temps de quitter le studio pour rencontrer d'autres joueurs. Pour se déplacer dans le Home, on recense trois possibilités principales : En utilisant les portes d'accès comme vous le feriez dans la vie réelle. En utilisant le menu Lieux depuis l'interface. Cette option permet d'accéder à une carte et de choisir sa destination. En acceptant l'invitation d'un ami ou en faisant directement  Rejoindre  sur un contact connecté. De même, il est possible d'inviter un contact. S'il fallait patienter sagement devant l'écran de téléchargement dans les premières versions du Home, il en est désormais tout autrement puisque ce téléchargement peut s'effectuer en arrière plan. Vous pouvez ensuite consulter à tout moment la progression en allant dans le menu  Téléchargement  de l'interface. Notons qu'un message apparait à l'écran automatiquement à la fin du téléchargement et vous propose de rejoindre le nouveau lieu. Comme vous l'aurez compris, une fois qu'un lieu a été téléchargé, celuici est définitivement enregistré dans votre PlayStation 3. A votre prochaine visite, il n'est donc plus nécessaire de télécharger le fichier. On peut en revanche regretter les temps de chargement un peu longs pour passer d'un lieu à un autre.

2013年10月7日星期一

Des immigrants plus ou moins bien accueillis


Hier soir, nous sommes allés dîner dans un restaurant qui fait l'angle entre Embarcadero et Brannan Street à SF. Sa situation est idéale pour disposer d'une vue imprenable sur l'autre côté de la baie de SF.

Mais, audelà de cela, ce restaurant emploie comme serveurs et cuisiniers uniquement des anciens prisonniers en réinsertion sociale. Je voulais vous recommander ce restaurant où on mange bien et où l'accueil est particulièrement chaleureux. A ce titre, je voulais également tordre le cou à une image répandue en France selon laquelle la nourriture américaine serait indigeste. A vrai dire, c'est tout le contraire. J'y ai trouvé d'excellentes brasseries avec des prix hypra abordables et des menus super variés. D'ailleurs, la cuisine du Sud est un exemple de gastronomie et n'a rien à envier à notre pays. Alors, bien sûr, compte tenu du mode de vie des Américains, la cuisine bon marché des fastfood a hélas remplacé la cuisine sophistiquée et épicurienne du Sud. C'est dommage car il y a là tous les ingrédients d'une cuisine de qualité dont les Américains ont grandement besoin.

Enfin, c'est pas tout. Nous devons filer à l'opéra qui présente ce soir une symphonie de Rachmaninov. L'élite blanche de SF et l'hyperbourgeoisie asiatique s'y sont donné rendezvous, habillés de leurs plus beaux smokings pour les hommes et des robe de cocktail rouge les plus majestueuses pour les femmes. En ce qui me concerne, n'ayant pas pu repasser à l'hôtel, on aurait dit un Turc débarquant directement d'Anatolie avec son patchwork de couleurs me faisant d'ailleurs passer plus pour un mendiant qu'un fan d'opéra (lol, ma chère Sirma). Quant à Naïma, avec ses sacs plastiques remplis de cadeaux, qu'elles ne quittaient d'ailleurs plus, on aurait dit une gitane du marché de St Ouen (lol, cher p'tit John). Sinon, le ballet était vraiment moyen mais nous avons tout de même passé une soirée globalement agréable (mais sans plus).

Bref, parfois les hasards font bien les choses.

Ce matin, j'avais décidé d'écrire mon post sur SF à travers l'expression de son immigration successive. Je voulais partir de ce cette histoire de l'immigration pour essayer de tirer un réflexion plus large sur cette Amérique d'aujourd'hui qui m'est toujours aussi inconnue. En effet, en lisant ce matin le New York Times, je suis tombé sur une longue étude sur le phénomène migratoire aux US et notamment dans le monde éducatif, au titre ô combien symbolique "remade in America". Je vous invite à lire cet article que vous trouverez, ici ( très instructif) et donc inutile de vous expliquer les différents dispositifs.

Mon rendezvous d'hier avec le représentant de la communauté japonaise m'avait tout de même laissé sur la faim. En effet, j'avais découvert que l'immigration asiatique n'avait pas été acceptée aussi facilement durant de nombreuses années aux EtatsUnis. Et je voulais en savoir plus. En effet, j'avais une idée plutôt accueillante des EtatsUnis à l'égard de nombreuses vagues d'immigration. Or, la situation y parait plus complexe quand on confronte son sentiment aux spécialistes de la question. Cette belle idée du melting pot partagé, forme moderne du multiculturalisme ethnoracial, ne correspond pas aux réalités historiques telles que je les avais imaginées. Dans ce pays d'immigrants, le rejet de l'autre et la xénophobie deviennent le ressort principal. La vigueur du racisme est fortement ancrée.

Tout d'abord, il est bon de rappeler que les autorités américaines ont toujours développé une politique sélective (les quotas) concernant l'immigration en fonction de la pression des électeurs blancs. C'est pour cette raison qu'à la fin du XIXe siècle des lois draconiennes ont été établies pour empêcher les "lemon" de débarquer aux US. Ainsi, les Chinois et les Japonais ont été victimes de forts préjugés qui ont imposé une forme d'embargo en direction de cette composante de la population durant de nombreuses années.

Mais déjà, peu avant ces lois scélérates, ce furent les catholiques, les Irlandais qu'on rejetait. D'ailleurs, le racisme dont furent victimes les Italiens, les juifs, les Russes et tous les métèques du pourtour méditerranéen était terrible. Je comprends mieux les raisons qui poussaient de nombreuses populations à se replier sur ellesmêmes. Ne l'oublions jamais, au cours du XIXe et jusqu'au milieu du XXe siècle, ce sont des populations majoritairement pauvres et misérables qui sont en quête d'un nouvel Eldorado. Et selon l'étude du NY Times, en 1900, ces immigrés sont essentiellement à plus de 80 % originaires d'Europe occidentale. En effet, le rêve américain sonne dans leur tête comme une vie meilleure pour eux et leurs familles. Mais c'est sans compter sur un racisme exacerbé qui pousse ces populations à construire un exil intérieur le plus proche de leur culture d'origine.

Je comprends désormais mieux ces ghettos de San Francisco. Cette ségrégation choisie pour nombre d'immigrants se perpétue de génération en génération. Au fond, loin de votre pays d'origine, vous avez ce réflexe naturel de vouloir reconstituer dans la nostalgie "votre petit chez soi". Mais avec le temps, le puissant modèle démocratique US permet à toutes ces populations majoritairement blanches de se fondre dans la masse du peuple américain.

Dans mon analyse, je mets à part les populations afroaméricaines. Leur immigration n'est hélas pas voulue mais subie, dès le XVIIe siècle. Ce sont les politiques d'esclavage qui ramènent cette main d'uvre notamment dans ces grandes plantations de coton. Les coups de fouets et les cicatrices indélébiles sur le dos de ces populations noires resteront gravés comme un fardeau ensanglanté de cette histoire sombre de l'Amérique (voir post précédent).

Voilà qu'après la Seconde Guerre mondiale, les Etatsunis deviennent un pays d'accueil de masse. Les quotas nationaux sont supprimés. On privilégiera alors la qualification professionnelle, l'accueil des victimes de persécutions de toutes natures notamment politiques et religieuses. C'est une immigration de masse qui se constitue avec un nouveau type de populations. Le schéma retranscrit par le NY Times montre très bien que ce sont désormais des populations provenant d'Amérique latine et centrale, d'Asie et du Moyenorient qui souhaitent rejoindre cette Amérique puissante. On va même en 1986 régulariser des millions de clandestins. Mais au milieu des années 90, des lois plus dures seront votées par le Congrès afin de freiner des vagues d'immigration provenant notamment du Mexique et de l'Amérique centrale. Les contrôles aux frontières du sud des US deviennent plus draconiens et des contraintes supplémentaires en matière de séjour des étrangers sont imposées. La chasse aux mexicains est ouverte. Après le 11 septembre, l'immigration des populations venues des pays musulmans est regardée et les candidats à l'exil ne sont souvent pas retenus. Ils partent ainsi trouver leur bonheur dans une Amérique plus au nord et plus accueillante, le Canada. Ah! cette green card!

Voilà, très schématiquement, c'est le récit chaotique de ces vagues d'immigration qui témoigne de la complexité de cette problématique. Et tout cela me renvoie naturellement à cette côte Ouest qui a vu arriver la majorité de ces populations en recherche du bonheur. Contrairement à une idée répandue, l'élite blanche n'a pas eu une vison très claire à l'égard de toutes ces populations. Elle n'a pas montré historiquement une grande générosité dans le domaine de l'accueil de ces étrangers. Je suis d'ailleurs toujours aussi étonné de voir que seul le sud des Etatsunis porte le fardeau et le poids sombre du passé de ce pays. Ce n'est pas exact! Bien sûr, que l'esclavage et la ségrégation qui se sont déroulées dans cette partie du territoire ne sont pas comparables à ce que je viens de décrire. Bien sûr que le sceau de l'infamie que porte ce Sud est en partie justifié. Mais, soyons juste, il n'y a pas, d'un coté, une élite blanche de l'Est ou de l'Ouest, ouverte et généreuse et, de l'autre, un Sud qui serait l'unique mauvaise conscience de ce pays. C'est à Boston, ville du nord des Etatsunis que les premières lois ségrégationnistes dans les écoles sont nées!

D'ailleurs, si de nombreux Européens aiment cette ville, c'est parce qu'elle ressemble tellement à leur imaginaire. C'est notre "petit schetl" que l'on retrouve en visitant cette ville. Mais à quel prix, mes amis. Ne l'oublions pas, ce sont des vagues d'immigration qui ont souffert pour construire cette ville. Les communautés qui s'y retrouvent vivent aujourd'hui plutôt dans de bonnes conditions. C'est le mirage de la Californie. Mais la misère des Noirs et des nouveaux immigrés est hélas encore bien réelle. Derrière ces murs invisibles de la pauvreté vivent des populations à la recherche d'une plus grande égalité. Le système éducatif, clef de voûte de la réussite sociale, est plus qu'ailleurs en panne. Les ghettos de riches, noirs ou blancs, nous font oublier que cette nouvelle forme moderne de ségrégation par l'école est dangereuse pour l'avenir de ce pays. Les barrières restent encore fermées en matière de mobilité sociale pour ces populations. Et cet ascenceur social qui, jusqu'à présent, avait trouvé un équilibre semble se lézarder.

Mais c'est curieux, San Francisco me ressemble trop pour l'aimer. Elle a réussi sa métamorphose du XXe siècle mais je crois qu'elle n'est pas prête à affronter ce monde globalisé du XXIe siècle. Le fossé se creuse entre les nantis et les plus pauvres. Vous serez d'ailleurs un jour surpris! ce sera plus dans le sud des EtatsUnis que verront le jour les émeutes pour réclamer de nouveaux droits civiques. Ce sera au cur de ces grandes métropoles urbaines où la ségrégation sociale devient étouffante. Des riches toujours aussi riches et des pauvres attendant de pouvoir partager les fruits de la croissance. Mais l'aspect positif dans cette ville de San Francisco est de voir qu'au delà des ghettos communautaires, des quartiers entiers vivent dans la mixité. Cependant, plus que jamais je pense qu'accepter votre voisin qui ne vous ressemble pas, ne se suffit pas.

L'école doit devenir le lieu de l'égalité. Pour cela, il faut mettre le paquet dans ce domaine pour éviter cette sélection par le savoir qui empêche toute mobilité sociale partagée mais accroît les inégalités. Finalement, Bourdieu serait heureux de prolonger son étude sur la reproduction des élites. C'est cruel mais l'élite de la côte Ouest se persuade d'être encore les pionniers et les défricheurs des tendances pour le futur. Je crois qu'ils vivent encore dans la nostalgie d'un passé révolu où la modernité a laissé la place aux cultures hybrides !

Cependant, j'ai une pensée pour ces immigrants mexicains qui souffrent et qui sont exploités dans cette Californie au paradis bien ancré dans leurs têtes. Ils sont chassés partout quand ils sont sans titre de séjour régulier. Il ne fait pas bon d'être un clandestin latinos en Californie. Je pense à ces nombreuses familles qui ont fait le choix de rejoindre cette terre au grand cur. Déracinés et rejetés, ils doivent trouver leur place dans des conditions encore plus difficiles que par le passé. Pire, la crise économique qui se profile va encore exacerber les tensions à leur égard. A vrai dire, je m'identifie tellement à ces visages inquiets de latinos que j'ai rencontrés à SF. J'ai naturellement une pensée pour mes parents venus en France travailler pour nourrir et éduquer leurs enfants. Pari réussi mais à quel prix. Par pudeur, ils n'ont jamais voulu nous raconter leur vie mais je sais combien cela a dû être terrible. Je voulais leur rendre tout simplement hommage (big up! big up father and mother).

Voilà, je découvre une facette nouvelle des EtatsUnis. Les vagues d'immigration ne se sont pas constituées dans un climat de confiance mais souvent de rejet. Cette défiance perdure encore. Et les belles réussites de certaines minorités comme les Asiatiques, les juifs et les Européens catholiques ne doivent pas nous faire oublier que ce phare de la démocratie moderne devra veiller à gérer son immigration dans les conditions les plus humaines possibles. C'est à ce prix qe l'Amérique qu'on aime restera crédible aux yeux du monde entier.

A bientôt. inch'allah,

See y

Certaines vies ne sont décidément pas un long fleuve tranquille : pour faire echo à votre blog je pense notamment à des amis aujourd sans papier qui subissent la crise de plein fouet. on pense à vous.

Tu aimes notre bonne cuisine sudiste, Ali ? C très sympa de dire ça, car elle est si peu connue en France. Je doute fort qu figure parmi les grandes cuisines du monde (française, italienne, chinoise) mais c une cuisine paysanne de qualité et des plus savoureuses. Une fusion de contributions du peuplement de cette région: Amérindiens, esclaves africains, AngloSaxons, Allemands, Français et Irlandais. Vivant à New York, je la trouve dans les quartiers noirs comme Harlem. parce que le poids du passé est différent!

2013年10月6日星期日

débats et points de vue


L'équipe Fabula n'assure désormais plus  pour une durée indéterminée  le suivi détaillé et continu des débats concernant l'enseignement, l'éducation et la recherche en France et dans le monde. En ce qui concerne l'enseignement supérieur et la recherche, nous vous invitons à consulter le site de Sauvons la Recherche, le blog Histoires d'universités de Pierre Dubois, le site du Poolp toulousain et surtout celui de Sauvons L'Université, qui propose par ailleurs des informations concernant l'enseignement primaire et secondaire. Pour tout ce qui touche à ces derniers domaines, vous pouvez rendre visite au Mammouth déchaîné (cliquer sur "blog à part" en haut à gauche de la page d'accueil), suivre l'actualité sur le site Sauvons l'école, faire une halte au Café pédagoqique ou encore consulter les dépêches de VousNousIls et les dossiers de N'autre école. Les luttes continuent.

"Dictature des marchés, politiques d'austérité, inégalités sociales criantes, catastrophes environnementales, crises démocratiques: de toutes parts nous arrivent les signes de la fin d'un monde". Dans Renverser l'insoutenable, qui paraît aux éditions du Seuil en cette rentrée 2012, Yves Citton montre que ce sont les pressions que nous inflige un mode de développement fourvoyé qui rendent la situation actuelle invivable. Il prend la mesure de cet insoutenable à la fois environnemental, éthique, social, médiatique et psychique et propose un nouveau vocabulaire pour nous aider à appréhender les pressions qui nous traversent et nous rendent la vie de plus en plus intenable.

TINA  There Is No Alternative le slogan qui scella l'alliance du néolibéralisme et du conservatisme  n'a cessé de grossir depuis le début des années 1980 et a notamment favorisé le règne de l'économisme et du clientélisme dans les administrations de l'enseignement supérieur et de la culture. "Il importe aujourd'hui à la fois de montrer la profondeur historique et culturelle de tout ce qui, sous la bannière de l'indignation et de l'occupation des lieux, s'est opposé à l'idéologème qui porte nom TINA et de mettre en évidence les formes contemporaines de ce désaccord vital, dont il faut parfois craindre qu'il sera toujours à relancer": dans le cadre de son programme d'activités 20122013, le CRIST organisait à Montréal le samedi 25 août une rencontre sur l'Archéologie littéraire et artistique de l'indignation politique robe demoiselle d'honneur rose.

Outre une première pétition conçue comme un "Appel des enseignantschercheurs au nouveau Président de la République", une seconde pétition  soutenue par différentes associations, dont SLU, et ayant recueilli près de 6000 signatures en quelques jours  dénonce "l'évaluation" quadriennale des enseignantschercheurs instaurée par le décret du 23 avril 2009. Les pages Débats de Fabula proposent en ce mois de juin un dossier sur la question de l'évaluation, qui rassemble notamment les différents textes des débats en cours au CNU et ailleurs. Sur l'évaluation hiérarchique des universitaires, lire également le communiqué intersyndical du 21/06/12.

Dans son arrêt arrêt du 1er juin 2012 (n341775), le Conseil d'Etat retoque la "réforme" de la mastérisation, conçue par l'ancien ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos  avec l'appui de la direction de la Fsu  et mise en oeuvre, en 2010, par son successeur Luc Chatel afin de supprimer l'année de stage en alternance dans les Iufm (les enseignants stagiaires étaient parachutés devant les élèves sans avoir reçu de formation professionnelle). La formation des enseignants devra être remise à plat pour le 31 juillet prochain, pour application dès la rentrée de septembre 2012. La Fcpe se dit prête à participer à toute discussion et la Fsu se félicite d'une décision qui oblige le nouveau Gouvernement à revenir dès la rentrée sur les pires conséquences de la réforme. Le gouvernement semble vouloir repousser à l'année prochaine l'application de cette décision d'annulation, mais le changement, ce doit être maintenant, prévient Slu.

2013年10月4日星期五

Pierre Veilletet


Léon Mazzella est notre Jim Harrison. Son Michigan à lui, c'est le grand SudOuest.  Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur.  Il y a du Paul Morand chez Léon Mazzella. L'art du portrait, le sens du décor, les phrases ciselées, le style  Karine Roby, La République des Pyrénées. A Bordeaux. Sa ville. Né à Momuy dans les Landes et d'origine flamande par ailleurs, Pierre Veilletet aura effectué une brillante carrière au journal SudOuest, qu'il pilota, jusqu'à son éviction brutale en 2000 qu'il ne digéra pas. Prix AlbertLondres 1976 pour ses reportages sur l'agonie de Franco, il préféra rester le premier à Bordeaux au lieu d'être un numéro à Paris. C'était un maître à l'écriture rigoureuse, au ton singulier, hiératique et profond. Un styliste. Un observateur d'une finesse désarçonnante. Un taiseux au sourire rare aussi. Un personnage un rien intimidant mais toujours prompt à lancer un trait d'esprit pour détendre une atmosphère qu'il savait avoir rendue pesante, dans son bureau au journal ou ailleurs par hasard dans les rues de la ville. Veilletet avait le tact inscrit en lui. Et une délicatesse parfois gauche mais jamais empruntée. Il n'était pas d'accès libre. Ce n'est qu'à l'âge de 43 ans qu'il publia son premier livre, le court et dense roman La pension des nonnes, chez Arléa, maison cofondée avec ses amis JeanClaude et Catherine Guillebaud et à laquelle il restera aussi fidèle que Julien Gracq le demeura à José Corti. L'allusion vaut rapprochement : le choix scrupuleux de l'adjectif, l'usage de l'italique pour appuyer comme on adresse un clin d'oeil entendu, rendent l'écriture de Veilletet voisine, sinon cousine de celle du grand écrivain de SaintFlorentleVieil. Si Querencia et autres lieux sûrs peut faire penser à La première gorgée de bière de Philippe Delerm pour sa thématique, mais avec une autre tenue, une exigence altière, ce recueil de courts textes qui sont autant de bijoux ciselés évoque davantage les Préférences ainsi que Liberté grande, de Gracq, tant par sa subjectivité que par sa prose somptueuse. Le journaliste aura marqué SudOuest Dimanche, qu'il dirigea dès 1979 de main de maître. Je le connus là, en 1981. Il fut mon premier rédacteur en chef et me permit d'écrire notamment des critiques de livres durant des années. J'entrais dans ma vie d'homme. François Mitterrand venait d'accéder au pouvoir et j'achevais mes études. trangement (encore que.), j'ai toujours trouvé en Veilletet un indéniable côté mitterrandien, dû sans doute à sa timidité qui pouvait passer pour de la froideur et que l'on résumait en disant que c'était son côté British qui dépassait le côté Bordelais d'un homme à la casquette en tweed distincte de ses vestes de la même étoffe qui le faisaient ressembler, physiquement aussi, au "Prince des reporters". L'homme impressionnait. Je n'oublierai pas ces inconnus célèbres (les seconds couteaux de la littérature que nous chérissions : Forton, Gadenne, Bousquet, Guérin, Perros, Augiéras, De Richaud, Henein, Vialatte, Calet.), dont nous fîmes une série dans le journal, avec Yves Harté l'autre grande plume, qui lui succéda à SudOuest Dimanche. Je n'oublierai jamais ce soir de 1986 copieusement arrosé que nous passâmes tous les trois (Yves Harté, Pierre Veilletet et moi), pour fêter la parution imminente de La pension des nonnes. En fin de soirée, nous avions porté à bout d'épaules un Pierre Veilletet ivre de bordeaux et de bonheur, de chez moi à chez lui ou jusqu'à un taxi, je ne me souviens plus très bien. Je garde précieusement le "tapuscrit" de ce roman, qui porte un titre originel schubertien : Un voyage d'hiver. Veilletet connaissait les vins et la tauromachie sur le bout des doigts et il a écrit des textes magnifiques sur ces sujets solaires qui le passionnaient.

Attiré par l'Espagne autant que par l'Italie et par certaines villes du Nord, par les ports et par les fleuves, il plaçait l'exigence journalistique et la littérature audessus de tout. Il procurait, avec ses articles que nous guettions, ce plaisir du texte que l'on ne trouve plus guère dans les journaux et qui était alors flatté, encouragé à SudOuest, journal de plumes donnant d'excellents papiers. Dans ses livres, que je relis depuis trois jours avec un plaisir mâtiné de tristesse, il donnait tout simplement la mesure d'une littérature de hautvol. Car c'était un grand. Un très grand.

Lire (j'espère qu'Arléa aura la bonne idée de publier une compil, un "ToutVeilletet" comme cet éditeur de qualité a publié la totale d'Albert Londres, câbles compris, ou les Essais de Montaigne reloaded par Claude Pinganaud, ou bien comme il existe un Bouquins/Laffont des oeuvres d'Antoine Blondin, histoire de nous éclipser et de le relire peinard, à l'écart, comme un chien s'en va ronger au fond du jardin). Lire donc : Querencia et autres lieux sûrs (Mots et merveilles en collection de poche), La pension des nonnes, Bords d'eaux, Coeur de père, MariBarbola, Le vin, leçon de choses, Le prix du sang, Le cadeau du moine (tous chez Arléa); Le peuple du toro (Hermé), De l'esprit des vins (robes de cocktail rose).

Photo : Pierre Veilletet (lunettes) avec JeanClaude Guillebaud (Prix AlbertLondres en 1972. Yves Harté le fut en 1990), dans le sannées 2000 :  Archives Philippe Taris/SudOuest. : "l'avantage" d'un blog sur une publication dans la presse traditionnelle (je pense immédiatement et quasi exclusivement au support papier : je suis old school et j'aime ça), est de pouvoir s'autoriser des digressions personnelles, de se mettre en avant, ce qui est bien sûr proscrit partout ailleurs. C'est pourquoi je me suis laissé allé cidessus à partager une ou deux anecdotes, des souvenirs qui parlent de toute façon directement de Pierre Veilletet.